Séminaire Cegibat : Sobriété énergétique, hybridation et gaz verts

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Igor Rapeneau

Igor Rapeneau

Responsable animation filière

Une centaine de professionnels du bâtiment et de l’énergie ont été réunis au Séminaire technique Cegibat qui s’est déroulé fin mai. L’occasion de partager des retours d’expérience, d’échanger entre pairs sur leurs pratiques et de rappeler la pertinence des solutions gaz et hybrides notamment pour les projets résidentiels et tertiaires. Retour sur les conférences proposées.

Sophie Valenti, directrice de Cegibat, réaffirme le rôle clé des acteurs de terrain dans la mise en oeuvre pragmatique des politiques publiques
Sophie Valenti, directrice de Cegibat, réaffirme le rôle clé des acteurs de terrain dans la mise en oeuvre pragmatique des politiques publiques

Pour une transition énergétique pragmatique face au tout-électrique

Dans un contexte de forte accélération politique en faveur de l’électrification, Sophie Valenti, directrice de la marque Cegibat de GRDF, a réaffirmé la nécessité d’adopter une position pragmatique et ancrée dans la réalité du terrain. Elle a souligné un décalage croissant entre des annonces ambitieuses, sortie du gaz, généralisation des pompes à chaleur, territoires «zéro gaz», et les contraintes techniques, économiques et opérationnelles des bâtiments, conçus pour plusieurs décennies. 


Elle a également défendu une vision fondée sur la mixité énergétique, jugée plus robuste que l’opposition binaire électricité vs gaz, en insistant sur le rôle clé des acteurs de terrain, bureaux d’études, fabricants et installateurs, dans la traduction concrète des politiques publiques.
Face aux incertitudes comme la capacité des réseaux électriques à absorber une électrification massive, la capacité financière des ménages surtout en rénovation, et la disponibilité d’installateurs qualifiés à grande échelle, GRDF a appelé à éviter les approches dogmatiques. 


Le biométhane, déjà en forte croissance (1er producteur en Europe avec 16 TWh de capacité annuelle), a été présenté comme une solution industrielle crédible de décarbonation, et les systèmes hybrides comme des leviers d’optimisation technique, de flexibilité énergétique et de maîtrise des coûts. L’enjeu est de préconiser des solutions adaptées aux usages, aux bâtiments et aux territoires. La transition énergétique se jouera dans l’ingénierie concrète et la capacité collective à proposer des solutions réalistes, performantes et acceptables.

Les leviers défendus par Coénove pour le bâtiment

Jean-Charles Colas-Roy, président de Coénove, défend une trajectoire fondée avant tout sur la réduction des consommations énergétiques, avec un objectif clair : passer de 350 à 200 TWh de gaz d’ici 2050, sans pour autant organiser une sortie massive des usagers. Cette position diverge de celle des pouvoirs publics, qui privilégient une baisse rapide du nombre de consommateurs raccordés au gaz. L’organisation alerte également sur un angle mort des politiques publiques : la sobriété énergétique, aujourd’hui reléguée au second plan, alors même qu’elle constitue un levier central contre la précarité énergétique.
Dans ce cadre, Coénove questionne l’électrification massive jugée excessive et parfois contre-productive, pointant un risque d’augmentation des usages plutôt que de leur maîtrise. L’accent est ainsi mis sur la rénovation des bâtiments comme préalable indispensable, avant tout changement d’équipement pour éviter des surdimensionnements peu efficaces. 


Parallèlement, l’association met en avant le rôle structurant du gaz vert, dont le potentiel atteindrait plus de 250 TWh à horizon 2050, soit un niveau compatible avec la consommation projetée. Cette trajectoire s’appuie notamment sur la méthanisation, perçue comme une filière mature et vertueuse pour l’agriculture. Dans cette logique de diversification, Coénove soutient fortement les solutions hybrides combinant pompe à chaleur et chaudière, jugées plus flexibles, plus robustes face aux pics de consommation électrique et économiquement pertinentes.

Une évolution du métier de bureau d’études

Nathalie Tchang, directrice-associée du bureau d’études Tribu Energie, a décrit une mutation rapide du métier : digitalisation massive, complexification réglementaire et montée en puissance du rôle stratégique de l’ingénieur, désormais co-concepteur des projets bas carbone. Elle a alerté sur un déséquilibre croissant entre la valeur créée, intégrant RSE, carbone et adaptation climatique, et sa reconnaissance économique, dans un marché devenu instable et exigeant en agilité permanente. Défendant une approche pragmatique et technologique ouverte, elle a plaidé également pour des solutions hybrides, un vison réglementaire plus stable et l’usage de l’IA pour recentrer les ingénieurs sur leur vraie valeur : penser et concevoir. La liberté pour les bureaux d’études est de proposer la solution la plus adaptée à chaque projet, sur la base d’une analyse multicritère.

Des séquences de travail avec les participants

En complément des conférences plénières, 4 ateliers ont été proposés pour partager des retours d’expérience et favoriser les échanges entre les professionnels sur des sujets concrets : 

Les participants sont repartis armés de tous les éléments pour accompagner les maîtres d’ouvrage dans leurs projets de construction et de rénovation.

Le gaz vert est une réalité industrielle. La PAC hybride est solution robuste et pertinente. Votre expertise est reconnue. Notre infrastructure est là.
Sophie Valenti

Sophie Valenti

Déléguée Réglementations Efficacité Energétique - Cegibat

Nous ne rénovons pas seulement des bâtiments ; nous transmettons des lieux et des histoires aux générations futures.
Nathalie  Tchang

Nathalie Tchang

directrice-associée de Tribu Energie

La priorité, c’est d’abord de réduire la consommation avant même de changer d’énergie.
Jean-Charles Colas-Roy

Jean-Charles Colas-Roy

Président de Coénove

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