Réponse d'expert

N° 144 : Le surdimensionnement d’une installation est-il un frein à la condensation de la chaufferie ?

Mis à jour le

Oui, assurément. Le surdimensionnement d’une chaufferie impacte significativement la durée du phénomène de condensation.

Les chaudières collectives ont toutes un seuil minimum de modulation de l’ordre de 20% de leur puissance maximale voire de 10% pour les meilleures d’entre-elles. En dessous de ce seuil, la chaudière est en mode ON/OFF avec pour conséquence de  générer un nombre important de cycles « marche/arrêt ». Outre l’impossibilité de condenser durant cette période, ce fonctionnement entraine une usure prématurée du brûleur et une augmentation des pertes par pré-ventilation.

Exemple 1 : surdimensionnement de 10%

Prenons un exemple pour mieux comprendre l'impact du surdimensionnement sur le fonctionnement d'une chaudière.

Impact d’un dimensionnement avec 10 % de surpuissance - CEGIBAT
Impact d’un dimensionnement avec 10 % de surpuissance

Les histogrammes bleus représentent la fréquence d’apparition des températures extérieures à Orly sur l’hiver 2012-2013. Durant cet hiver, il a fait 9°C durant 20 jours et -3°C durant 5 jours. Dans le cas traité, l’installation a été surdimensionnée de 10%. Le besoin du bâtiment varie donc de 0 à 100% mais la modulation du brûleur ne varie que de 0 à 91%.

Le seuil de modulation de la chaudière (fixé à 20% dans cet exemple) représente 20 jours sans modulation éventuelle et de fait sans condensation possible. Un besoin de chauffage intervenant durant ces 20 jours entrainera le démarrage de la chaudière dont la puissance de mise en route satisfera immédiatement ou presque ce besoin et de fait l’arrêt rapide de l’appareil.

Exemple 2 : surdimensionnement de 2/3

 Impact d’un dimensionnement avec 2/3 de surpuissance - CEGIBAT
Impact d’un dimensionnement avec 2/3 de surpuissance

Considérons à présent, cette même installation surdimensionnée au deux tiers. Le besoin du bâtiment varie toujours de 0 à 100% tandis que la modulation de brûleur n’est plus que de 0 à 60%. Dans cette configuration, le seuil de modulation est atteint 41 jours par an, période durant laquelle il n’y aura pas de condensation.

Pour permettre la condensation de la chaufferie, il faut clairement dimensionner au plus juste son installation.

 

Ces informations n'ont qu'un caractère documentaire et indicatif. L'internaute est seul responsable de l'usage et des interprétations qu'il en fait et notamment de leur adéquation à la situation qu'il rencontre, des résultats qu'il obtient, des conseils et actes qu'il en déduit et/ou émet.

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2 commentaires sur cet article
Par G-Therm, le 24/05/2019 à 10:54
Erreur de titre

Bonjour,

Les conclusions de cet article ne sont valable que dans le cas où la chaufferie est constitué d'une seule chaudière. Dans le cas d'une installation de deux chaudière, la puissance par équipement sera inférieure aux besoins et de ce fait le seuil de modulation plus bas que ce qui est indiqué dans les exemples (avec une gestion de la cascade). Donc non, le surdimensionnement de la chaufferie n’impacte pas dans tous les cas la condensation.


Par Hervé, le 15/01/2019 à 16:38
Expert

Bonjour,

Je ne partage pas le fait que le surdimensionnement génère forcément une perte de performance, la performance est environ équivalente.

Je dirai plutôt que le surdimensionnement génère une usure prématurée de la chaudière due à une augmentation du nombre de cycle Marche/Arrêt (M/A) du brûleur et un surcoût inutile de l’installation.

En effet, le fait de surdimensionner une chaudière a pour conséquence de bénéficier d'une surface d'échange plus importante favorable à la condensation. Nous pouvons aussi rappeler que pour une température de retour identique, la performance d'une chaudière est plus importante lorsque son taux de modulation est inférieur.

Par conséquence, une chaudière surdimensionnée, qui a donc un taux de modulation plus faible (pour une température extérieure donnée), a de meilleures performances jusqu’à son taux minimum de modulation de 20% (correspondant à votre exemple).

Mais cette chaudière atteindra plus rapidement son taux minimum de modulation durant la saison que celle dimensionnée au plus juste (T°ext = 12°C au lieu de 15°C dans votre exemple). Au-dessous, elle génèrera des cycles M/A, alors que la chaudière dimensionnée au plus juste continuera à moduler et « à performer ».

En effet, pendant cette période, la chaudière dimensionnée au plus juste rattrapera la performance qu’avait gagné la chaudière surdimensionnée, pour arriver en finalité à une performance équivalente entre ces deux chaudières.

Salutations.