Réponse d'expert

N°171: Existe-il une méthode de référence pour déterminer la puissance globale à installer dans une chaufferie ?

Mis à jour le

Non, à ce jour, aucune méthode ne fait l’unanimité auprès des bureaux d’études thermiques (BET) dans la détermination de la puissance globale d’une chaudière assurant le chauffage et la production d’eau chaude sanitaire. Les manières d’opérer divergent d’un BET à l’autre avec pour conséquence des écarts plus ou moins importants en termes de dimensionnement obtenu.

Ces écarts dépendent en premier lieu des éléments pris en compte pour calculer la puissance de chauffage (exemple : prise en compte ou non d’une surpuissance de relance, marge de sécurité…). Un second critère impactant, est la puissance définie pour assurer la production d’ECS, puissance conditionnée par le mode de production choisie (instantanée, semi instantanée, semi accumulée, accumulée).

Cegibat a interviewé 35 BET dans le cadre de son partenariat avec l’association ICO. Le constat met en exergue l’absence d’homogénéité quant à la méthode utilisée pour dimensionner cette puissance.

Le graphe ci-dessous présente les dimensionnements de puissance obtenus, après sondage auprès des BET, pour un immeuble de 95 logements. Des écarts de puissance allant de 1 à plus de 4,5 ont ainsi été constatés.

Détermination de la puissance globale d’une chaudière : des écarts de 1 à 4,5
Détermination de la puissance globale d’une chaudière : des écarts de 1 à 4,5

Ce sondage a également permis de mettre en évidence des points communs à certains BET interviewés.

Ces points communs générant le moins de surdimensionnement (représentés par des barres violettes sur le graphe) sont les suivants :

  • Non prise en compte de la surpuissance de relance
  • Non prise en compte de la règle des 2/3
  • Choix d’un mode ECS avec des stockages importants, de manière à faire passer la puissance ECS sous la puissance chauffage
  • Choisir le maximum entre puissance chauffage et puissance ECS

Concernant les bureaux d’études thermiques se situant dans la zone générant le plus de surpuissance (barres bleues), les points communs sont :

  • Faire la somme de puissance chauffage et puissance ECS
  • Utiliser la règle des 2/3 ou de la surpuissance de relance, ou des deux

 

Chaque projet est unique, au concepteur de se poser les bonnes questions.

Ces informations n'ont qu'un caractère documentaire et indicatif. L'internaute est seul responsable de l'usage et des interprétations qu'il en fait et notamment de leur adéquation à la situation qu'il rencontre, des résultats qu'il obtient, des conseils et actes qu'il en déduit et/ou émet.

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4 commentaires sur cet article
Par Jojo, le 16/01/2019 à 12:12
Et la réalité dans tout ça ?

L'article aurai eu un peu d’intérêt si l'expérience avait été réalisée sur un bâtiment existant et que les résultats de dimensionnement avaient été comparés avec les puissances réelles observées sur l'année.

Mon expérience est qu'on reste 95% du temps en dessous de 50% et qu'on dépasse que quelques heures par an les 80%... l'idée de dimensionner à 450% est totalement absurde.


Par Denovillers, le 15/01/2019 à 08:40
Optimisation des puissances en chaufferie

Bonjour

Personnellement je trouve qu'il est inutile de cumuler les P chauffage et P ECS. En effet, ce n'est pas parce qu'on va cesser d'alimenter le réseau de chauffage pendant que l'on réchauffe l'ECS (1h ou 2...) que la température dans les logements s'en ressentira. D'ailleurs à ce sujet la RT autorise un abaissement de T° par heure dans les logements, cela se mesure en dixième de degrés... Ne raisonnons plus aujourd'hui en présence de bâtiments neufs (pas en rénovation) quasi étanches, comme on le faisait avant avec des bâtiments déperditifs !

De plus, je ne retiens plus la règle des 2/3 non plus car je préfère faire fonctionner les 2 chaudières en même temps que l'une et ensuite l'autre.

En conclusion, ne sur-dimensionnons pas les chaudières, tout ce qu el'on risquerait à le faire c'est avoir une usure prématurée des chaudières car elles ne moduleraient pas au mieux de leurs performances mais seulement en partie basse de leurs possibilités.

C'est un peu comme si on allait acheter son pain en Ferrari, on ne passerait pas la 2eme et elle tomberait en panne prématurément.

Bien à vous.