Réponse d'expert

N°163 : Dans un ERP de la 1ère à la 4ème catégorie, est-il nécessaire de contrôler les réseaux enterrés ?

Mis à jour le

Oui, une fois par an, il est obligatoire de contrôler les installations de gaz d’un ERP, cette vérification doit-est réalisée par un organisme agréé* ou par une personne compétente, et concerne notamment les canalisations de gaz qu’elles soient aériennes ou enterrées. Dans ce dernier cas, s’il y a un défaut d’étanchéité, la recherche de fuite peut être difficile à mettre en œuvre, il est donc nécessaire de procéder à une recherche de fuite avec du matériel et une méthode adaptée, décrite ci-après. 

1. Contexte réglementaire

  • L’article GZ 30 de l’arrêté du 25 juin 1980 définit les obligations de contrôle des installations de gaz dans les établissements recevant du public de la 1ère à la 4ème catégorie.
  • La norme EN 1775 définit les modalités de contrôle des installations de gaz dont la pression est inférieure à 500 mbar.
  • La norme EN 15001 définit les modalités de contrôle des installations de gaz dont la pression est supérieure à 500 mbar

2. Mise en œuvre

Une fuite sur un réseau de gaz enterré est difficilement détectable et peut présenter en cas d’accumulation un risque pour les biens et les personnes. C’est pourquoi il est nécessaire de procéder à un contrôle d’étanchéité. Celui-ci se fait généralement en 2 étapes.

Quantifier la fuite

Cette première étape consiste à réaliser un essai sous pression à l’aide du gaz distribué, la pression utilisée pour l’essai doit au moins être égale à la pression de service, si la pression est supérieure à 100 mbar alors la pression d’essai ne doit pas excéder 150 mbar.

L’absence de fuite doit être vérifiée par une différence nulle entre les pressions mesurées au début de l’essai et celles mesurées en fin d’essai. Le manomètre utilisé doit être adapté à la pression mesurée et doit répondre à la norme EN 837. La durée de l’essai sera de 2 heures.

L’étanchéité des raccords apparents peut être vérifiée au moyen de dispositifs appropriés comme un détecteur de fuite laser, un catharomètre ou encore du produit moussant.

Localiser la fuite

Si le test n’est pas concluant, alors il faut identifier l’emplacement du réseau au sol et localiser la fuite à l’aide d’un détecteur de gaz (soit laser, semi-conducteur…..*) adapté à la recherche de fuite en surface.

  • Principe de fonctionnement d’un détecteur d’un détecteur laser : Les échantillons d’air à analyser sont captés par la sonde, puis transmis dans une chambre de mesure. Dans la chambre, l’échantillon traverse un faisceau lumineux entre un émetteur et un récepteur. Cette lumière émise par une diode laser, possède la caractéristique d’être absorbée en cas de présence de méthane. La présence de gaz est donc déduite de la différence de puissance lumineuse qu’il existe entre l’émetteur et le récepteur.
     
  • Principe de fonctionnement d’un détecteur semi-conducteur (ionisation de flamme) : Les échantillons d’air à analyser sont captés par la sonde, puis transmis dans une chambre de mesure. Dans cette chambre, l’échantillon est en contact avec un capteur semi-conducteur qui réagit en présence de gaz en modifiant sa résistivité. La résistance du matériau est mesurée et calibré pour réagir au méthane, ce mode de détection est peu sélectif, il est donc nécessaire d’associer un capteur d’éthane.
     
  • Principe de fonctionnement d’un détecteur à flamme ionisante : Les échantillons d’air à analyser sont captés par la sonde, puis transmis dans une chambre de mesure. Dans cette chambre, l’échantillon pénètre dans une flamme obtenue avec de l’hydrogène et de l’air. Les ions formés et collectés au moyen de deux électrodes font varier un courant électrique. Cette variation de courant électrique permet la détection du méthane.
Nota : Avant d’effectuer ce sondage, il est nécessaire de vérifier le pourcentage de gaz dans l’air afin d’éviter le risque d’inflammation liée à l’utilisation de matériel perforant (marteau piqueur…).


Là où le pourcentage de gaz est le plus fort, il est nécessaire de réaliser un ou plusieurs trous de sondage, qui consiste à enlever la première couche étanche (enrobé, asphalte, macadam…..). Il est aussi possible de réaliser des prélèvements d’air dans le sol tous les 5 m. Ensuite, il faut effectuer une nouvelle mesure et contrôler s’il y a une évacuation d’accumulation d’une poche de gaz par ventilation naturelle. Puis il est nécessaire de dégager la canalisation pour localiser la fuite à l’aide matériel anti-étincelle en béryllium répondant à la norme E74-400. Enfin, il faut purger la canalisation, procéder à la réparation et réaliser un nouvel essai avant de reboucher les trous de sondage.

 

Ces informations n'ont qu'un caractère documentaire et indicatif. L'internaute est seul responsable de l'usage et des interprétations qu'il en fait et notamment de leur adéquation à la situation qu'il rencontre, des résultats qu'il obtient, des conseils et actes qu'il en déduit et/ou émet.

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