Réponse d'expert

N°118 : Doit-on encore prévoir une bouteille casse pression entre le réseau primaire et le réseau secondaire d’une installation comportant une chaudière à condensation ?

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Non, la bouteille casse pression n’est plus nécessaire et pire, elle risque de nuire à la condensation de la chaudière.

Hier, sans parler d’autrefois, les générateurs étaient irrigués :

  • Depuis le retour du réseau de distribution de chauffage. Ce débit d’irrigation du générateur était variable : il dépendait de la position de la vanne mélangeuse régulée en fonction de la température extérieure. En plein hiver, le débit était important vers la chaudière ; il était réduit en demi-saison, la vanne jouant son rôle de mélange.
  • Depuis le bouclage prenant de l’eau de départ pour la recycler sur le retour du générateur. Le but étant de réchauffer ce retour quand, en demi-saison, ce retour de chauffage était plutôt à basse température de façon à ne pas condenser dans le foyer (non conçu pour). Ce bouclage était également nécessaire pour assurer un débit minimum, toujours en demi-saison, afin que la puissance « tout ou rien » du brûleur puisse être échangée sans risque de surchauffe.
Schéma de principe de l’irrigation d’une chaudière à condensation (avant).
Schéma de principe de l’irrigation d’une chaudière à condensation (avant).

S’il était facile de sélectionner le débit de ce circulateur de bouclage, il était moins simple de choisir sa hauteur manométrique. Les générateurs de cette époque étant plutôt à fort volume d’eau, l’incidence était sans trop de conséquences.

Mais voici qu’avec le temps, les chaudières se sont réduites en taille avec la volonté de réduire les volumes des chaufferies. La perte de charge de la chaudière s’en est évidemment ressentie, elle a largement augmentée.

Dans un premier temps, on ne s’est pas rendu compte d’une autre conséquence plus grave de l’augmentation de cette perte de charge. Le circulateur de bouclage de chaudière (cf. schéma précédent), qui était sélectionné trop souvent avec une hauteur manométrique trop élevée avait l’effet suivant :

En pleine saison de chauffe, alors que ce débit de bouclage aurait dû s’effacer devant le débit plus utile de chauffage des locaux, il s’ajoutait fortement à celui-ci. La perte de charge devenant trop importante, ces deux débits se réduisaient notablement. Un manque de chauffage se faisait alors sentir ! Que faisait alors l’exploitant ? Il s’essayait : il arrêtait le circulateur de bouclage, et hop le débit de chauffage redevenait convenable et chauffait normalement l’immeuble.

Evidemment, quand revenait la demi-saison suivante, le circulateur de bouclage était toujours à l’arrêt. Les conséquences ne se sont pas fait attendre …trop peu de débit, et pour un débit à basse température …  Bien des générateurs furent hors service, soit parce ce qu’ils n’ont pas supporté des puissances brûleur importantes sans pouvoir échanger leur chaleur, soit parce que leur foyer se sont percés du fait d’une condensation des produits de combustion (à savoir que dans ces temps qui ne sont pas si vieux, les condenseurs étaient hydrauliquement indépendants et situés après le foyer principal).

Pour se parer de ce désastre « épidémique », les industriels, Guillot en tête, proposeront et même imposeront la BOUTEILLE d’équilibre (ou bouteille casse-pression) qui allait résoudre tous les maux : un débit primaire constant à température élevée pour irriguer le retour au foyer principal. Le condenseur, quand il existait, était irrigué indépendamment par des retours d’installation plutôt à basse température.

Schéma de principe d’une installation de chauffage avec bouteille casse-pression.
Schéma de principe d’une installation de chauffage avec bouteille casse-pression

Aujourd’hui, les chaudières à condensation ne sont généralement pas conçues sur le modèle précédemment décrit. Le foyer principal est « condenseur », il est irrigué depuis un ou deux retours (chaudières dites à deux ou trois piquages) et ces générateurs sont généralement sans contrainte de débit minimum et sans contrainte de température minimum de retour.

Installer ces générateurs à condensation sur une bouteille casse-pression ne nous paraît pas être la meilleure formule pour garantir une performance de la condensation des produits de combustion puisqu’il y a risque de faire circuler une partie de l’eau de départ chaudière directement vers son retour et d’augmenter ainsi artificiellement la température de ce retour et donc nuire à la condensation recherchée.

Néanmoins, chaque industriel chaudiériste doit pouvoir expliquer aux professionnels les spécificités des schémas « bouteille » qu’il peut proposer.

Aujourd’hui, l’objectif est bien évidemment d’assurer la condensation des produits de combustion d’une chaudière à condensation gaz. C’est la performance énergétique qui est visée tout autant que la fiabilité.

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1 commentaire sur cet article
Par aga, le 21/01/2017 à 17:33
La condensation le cas des sous stations sur réseau extérieur
Doit-on encore prévoir une bouteille casse pression entre le réseau primaire et le réseau secondaire d’une installation comportant une chaudière à condensation ? Non bien entendu. Mais votre réponse est incomplète, il manque le cas des réseaux extérieurs avec sous-stations.