Réalisation

Cité Saint-Roch : du chauffage électrique au gaz naturel pour 90 logements à Montpellier (34)

Mis à jour le

La rénovation thermique des logements sociaux Saint-Roch de Montpellier était nécessaire tant les consommations énergétiques du bâtiment étaient conséquentes, occasionnant des factures importantes. L’ambitieux projet du bailleur Cileo Habitat a porté ses fruits. Amélioration de l’isolation du bâti, mise en place de chaudières à condensation individuelles et installation de capteurs solaires thermiques ont considérablement réduit les factures énergétiques tout en individualisant les consommations pour une meilleure facturation.

Carte d'identité

Date des travaux :
Octobre 2010 à Octobre 2012
Localité :
Montpellier (34)
Type de bâtiment :
Logements collectifs
Superficie :
2011 m²
Maître d'ouvrage : Cileo Habitat
Architecte : Cabinet Jauré
Bureau d'études thermiques : Arch.Eco.E
Consommations observées : 46 kWhep/m².an

Contexte

L’ensemble immobilier de logements sociaux Saint-Roch, situé dans le centre-ville de Montpellier, a été construit en 1968. Composé de deux tours, douze bâtiments R+4 et comprenant 176 logements, il avait déjà été réhabilité en 1986 (isolation de 5 cm par l’extérieur et mise en place de doubles vitrages). Le projet de rénovation faisant l’objet du projet concerne 90 logements, principalement des T3 et T4, répartis dans neuf immeubles pour lesquels Cileo Habitat avait l’ambition d’atteindre le niveau BBC Effinergie Rénovation.

Le diagnostic énergétique réalisé en 2005 avait mis en évidence de fortes consommations de chauffage et d’eau chaude (354 kWhep/m².an en moyenne pour les 90 appartements), liées à la présence de convecteurs et de ballons électriques obsolètes occasionnant des factures d’électricité très élevées (2 500 € par logement et par an). Une seconde raison d’insatisfaction pour les locataires concernait le confort d’utilisation du chauffage et de l’eau chaude sanitaire.

L’opération, qui fait partie de la programmation pluriannuelle du parc social de Cileo, a été conduite sur vingt-quatre mois, d’octobre 2010 à octobre 2012.

Cité Saint Roch - 90 logements sociaux à Montpellier (34) - Vue extérieure
Vue extérieure
Cité Saint Roch - 90 logements sociaux à Montpellier (34) - Vue extérieure 2
Vue sur les toits
Cité Saint Roch - 90 logements sociaux à Montpellier (34) - Solaire thermique
Capteurs solaires thermiques
Cité Saint Roch - 90 logements sociaux à Montpellier (34) - Chaudière individuelle
Chaudière individuelle
Cité Saint Roch - 90 logements sociaux à Montpellier (34) - Robinet thermostatique
Robinet thermostatique
Cité Saint Roch - 90 logements sociaux à Montpellier (34) - Compteur gaz
Compteur gaz

La solution retenue : modernisation des systèmes de chauffage et d’ECS avec un CESCAI

Une rénovation globale a été engagée sur le bâti et le système de production de chaleur et d’eau chaude sanitaire alors que les locataires continuaient à résider dans leur logement.

Gaines et canalisations

  • Les gaines et les canalisations réservées à l’eau chaude solaire ont pris place dans les anciennes colonnes des vide-ordures condamnés.
  • Les gaines VMC, les canalisations de gaz ainsi que les compteurs de gaz et d’eau ont été installés dans la gaine technique des cages d’escalier.
  • Les conduites de gaz destinées à la cuisine, déjà existantes, ont été complètement refaites à neuf.

Isolation et solarisation

  • Surisolation complète par l’extérieur des murs en béton et de la toiture-terrasse.
  • Isolation en sous-face des plafonds des caves.
  • Traitement des encadrements des fenêtres et des acrotères.
  • Installation de baies vitrées sur les balcons des appartements créant des bow-windows è ces vérandas bioclimatiques constituent un espace tampon entre l’extérieur et le séjour.
  • Installation de baies vitrées non jointives pour favoriser l’aération, et de baies vitrées coulissantes afin d’éviter les surchauffes

Résultats : le gain sur l’Ubât est de 31 % et les besoins de chauffage ont été réduits de 45 %

Chauffage : du tout-électrique au gaz naturel

Avant ce projet de rénovation, le chauffage était assuré par des convecteurs électriques et la production d’eau chaude sanitaire par un ballon électrique à accumulation installé dans chaque salle de bains. Les maîtres d’ouvrages ont alors opté pour une production et un stockage d’eau chaude solaire collectifs, associés à un chauffage à eau chaude et un appoint ECS individuels.

Précisément, les changements concernant le chauffage, l’ECS et la ventilation ont été les suivants :

  • Installation de radiateurs alimentés par une chaudière murale à condensation à ventouses placées dans les cuisines d’une puissance de 25 kW (à la place des convecteurs).
  • L’apport de chaleur est régulé grâce à un thermostat d’ambiance installé sur le mur de l’entrée et individualisé pièce par pièce.
  • Retrait des ballons électriques remplacés par une installation solaire collective
  • Appoint fourni par la chaudière gaz individuelle à condensation.
  • Installation d’une VMC hygroréglable B qui remplace une ventilation par conduit Shunt (départ individuel d’étage (20 x 40 cm) trop encombrant).

Production solaire collective et appoint individualisé

La production collective d’eau chaude solaire est particulièrement pertinente pour des immeubles d’habitation qui ont une demande en eau chaude importante et régulière sur toute l’année. Un chauffe-eau solaire collectif à appoints individualisés (CESCAI) a quant à lui pour intérêt de gérer collectivement les apports d’énergie renouvelable gratuite et d’individualiser les consommations de gaz de chaque appartement.

La solution chauffe-eau solaire collectif à appoints individualisés (CESCAI) a donc été choisie pour gérer collectivement les apports d’énergie renouvelable gratuite et individualiser les consommations de gaz de chaque appartement. Elle se compose de 2 systèmes :

  • Des capteurs solaires thermiques répartis en trois modules de 28 m², soit un module pour 30 logements.
  • Un système d’ECS solaire qui produit 23 MWh d’eau chaude solaire par an. Les calories récupérées sur chaque module sont transmises via un échangeur à deux ballons de 1 000 litres situés dans un local technique au sous-sol. L’ECS est distribuée par bouclage jusqu’aux appartements
    • L’appoint est assuré par la chaudière quand sa température est inférieure à 60 °C
    • Les pertes de bouclage sont compensées par des calories solaires gratuites.
Schéma CESCAI
Schéma d'une installation solaire de type CESCAI

Bilan

Cileo Habitat a consenti un important investissement de près de 55 000 € par appartement pour la réhabilitation de ces logements. La rénovation globale a permis d’atteindre un niveau de consommations d’énergie de 46 kWhep/m².an, selon la méthode TH-C-E ex de la RT Existant, bien inférieur au niveau BBC Effinergie Rénovation (64 kWhep/m².an). La garantie de résultats solaires (GRS), réalisée sur un an à la demande de l’Ademe, a démontré que le solaire couvrait 50 % des besoins en eau chaude.

Cité Saint Roch - Consommations moyennes chauffage et eau chaude de 8 foyers
Consommations moyennes de 8 foyers pour le chauffage et l'eau chaude

Témoignages

Pour réussir ce projet de rénovation alors que les immeubles restaient occupés, tous les intervenants se sont concertés très en amont. Le premier objectif était à la fois d’optimiser les apports solaires et de réduire au maximum les déperditions thermiques. Une fois les besoins en chauffage nettement diminués, nous voulions que les équipements soient, eux aussi, source de confort et de réduction des charges. Nous avons raisonné en coût global – investir plus pour consommer moins –, et nous avons souhaité que les habitants continuent à s’impliquer dans la maîtrise de leurs consommations. Pari gagné : nous avons obtenu le label BBC Effinergie Rénovation et la satisfaction de nos locataires ! Saint-Roch est une rénovation exemplaire sur le plan technique. Pour autant, le coût de ce chantier, même fortement subventionné, ne sera pas facilement reproductible économiquement.
Par Clément Sincholle
Responsable d’opération Cileo Habitat
La volonté de la maîtrise d’ouvrage était de réduire fortement les besoins d’énergie des locataires, tout en maintenant une responsabilité individuelle vis-à-vis des consommations. L’idée de convertir un chauffage et une production d’eau chaude tout électrique en une installation au gaz associée à du solaire thermique s’est vite imposée, à la suite de différentes simulations technico-économiques effectuées. Les deux points de vigilance soulevés face à ce type d’installation (stockage collectif et appoint individuel), à savoir la limitation de la température aux points de puisage et le risque de développement de légionnelles, ont été pris en compte lors du choix de la chaudière à micro-accumulation et sa régulation. Les habitants bénéficient non seulement d’un confort nettement amélioré et de factures réduites, mais aussi d’un gain de place par la suppression d’un ballon d’eau chaude volumineux et de gaines de VMC imposantes.
Par Jérémie Muzellier
Directeur technique du bureau d’études Arch.Eco.E
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