Réalisation

30 logements Bepos grâce au gaz naturel et au photovoltaïque à Poitiers (86)

Mis à jour le

Carte d'identité

Date des travaux :
2015/2016
Localité :
Poitiers (86)
Type de bâtiment :
R+3 de 30 appartements (14 T2, 7 T3, 5 T4 et 4 T5)
Superficie :
2219 m² SHAB (2562 m² SRT)
Maître d'ouvrage : CIRMAD Centre Sud-Ouest pour le compte de Logiparc
Architecte : AUE Paul Chemetov
Bureau d'études thermiques : CETAB
Consommations observées : Bepos Effinergie 2013

Introduction

La résidence intergénérationnelle à énergie positive correspond à un bâtiment de l’éco-quartier Montgorges, situé dans la ville de Poitiers (86). Focus sur ce bâtiment exemplaire.

30 logements Bepos grâce au gaz naturel et au photovoltaïque à Poitiers (86) - CEGIBAT
30 logements Bepos grâce au gaz naturel et au photovoltaïque à Poitiers (86)

Contexte

Initiative lancée en 2008 par Grand Poitiers, en réponse à l’appel à projets lancé par le Ministère du Logement relatif aux éco-quartiers, la rénovation urbaine de la ZAC des « Montgorges », parcelle de 33 hectares située à proximité du centre-ville, a permis la construction du premier éco-quartier de la région Poitou-Charentes.

Afin de faciliter son intégration dans l’environnement existant tout en offrant un cadre de vie agréable, Grand Poitiers a fixé 6 enjeux majeurs pour faire de cette opération, une réussite économique, sociétale et environnementale :  

  • Prendre en compte les besoins des futurs habitants
  • Encourager la mixité sociale et intergénérationnelle
  • Favoriser les formes urbaines innovantes
  • Rechercher l’efficacité énergétique optimale
  • Favoriser les circuits de production locaux
  • Gérer durablement les ressources en eau


Pour ce faire, un tiers de la surface est dédié à l’activité économique, les deux tiers restants étant réservés à l’habitat, aux équipements et services publics ainsi qu’aux commerces de proximité, organisés autour d’une place. L’opération comprend en tout la construction de 800 logements (dont un minimum de 30 % de logements sociaux), accueillant environ 1 700 personnes, ainsi que 25% d’espaces verts publics. Logiparc, bailleur social sur le territoire du Grand Poitiers, a souhaité participer activement à cette expérience, en proposant notamment la construction de la résidence intergénérationnelle.

Un niveau Bepos Effinergie 2013

Afin d’être en cohésion avec les enjeux fixés par Grand Poitiers, notamment sur la dimension sociétale, la démarche de Logiparc dans ce programme a été de faciliter la mixité et d’encourager le mieux vivre ensemble. Mixité des populations (logements à destination de militaires, de foyers à faibles ressources, résidence intergénérationnelle) et mixité des typologies de logements (du T1 au T6, en logements collectifs ou maisons individuelles).

D’un point de vue énergétique, la résidence intergénérationnelle devait initialement respecter les exigences du label réglementaire BBC (Bâtiment Basse Consommation) de la RT2005. Après discussion avec la région Poitou-Charentes en 2014, Logiparc a finalement fait le pari ambitieux de suivre les exigences propres au label BEPOS Effinergie 2013.

Solution retenue

Le choix du gaz naturel

Pour faciliter le développement de l’éco-quartier, GRDF et le gestionnaire de la ZAC ont signé un contrat de partenariat. Grâce à ces qualités intrinsèques, le gaz naturel est l’énergie retenue pour assurer le confort au sein du logement (production de chauffage et d’eau chaude sanitaire).

Un système énergétique à énergie positive au sens du label Bepos

Pour satisfaire aux exigences du label Bepos Effinergie 2013, le choix s’est orienté vers des solutions techniques simples et maîtrisées. Ainsi, une chaudière individuelle à condensation double service a été installée dans chacun des 30 logements. En complément, et pour assurer une production locale d’électricité d’origine renouvelable, 352 m² de panneaux solaires photovoltaïques (soit près de 12 m² par logement) ont été posés en toiture.

Le bâtiment, relativement compact, bénéficie d’une isolation renforcée à l’aide de matériaux traditionnels.

PLANCHER BAS Plancher sur terre-plein composé d’une dalle béton de 60 mm (R = 0,03 m².K/W) + isolation sous chape par 61 mm de polystyrène expansé (R = 2 m².K/W) + béton de 120 mm
TOITURE-TERRASSE Béton plein de 200 mm (R = 0,1 m².K/W) + 120 mm de polyuréthane expansé (R = 5 m².K/W)
COMBLES 300 mm de laine de verre (R = 7,50 m².K/W)
MURS EXTÉRIEURS Murs en parpaings de 200 mm (R = 0,23 m².K/W) + ITI 133 mm doublage PSE (R = 4,10 m².K/W)
PERMÉABILITÉ 0,8 m³/h/m² sous 4 Pa
MENUISERIES PVC avec double vitrage 4/16/4 argon (Uw = 1,60 W/m².K) avec volets roulants
CHAUFFAGE + ECS Chaudière murale à condensation double service
ÉMI10SSION Radiateurs moyenne température avec robinets thermostatiques certifiés CENCER + programmation
SURFACE PV 352 m² de capteurs solaires photovoltaïques situés en toiture (P = 70,63 kWc), injectée à 100 % sur le réseau
VENTILATION VMC individuelle hygro B basse consommation

Descriptif du bâti et des équipements

Descriptif du bâti et des équipements - CEGIBAT
Descriptif du bâti et des équipements

Bilan énergétique

Etude thermique

La sur-isolation du bâtiment, les bonnes performances des chaudières individuelles à condensation et le choix de l’installation photovoltaïque ont permis d’atteindre des résultats supérieurs aux exigences du label Bepos-Effinergie 2013 :

  • Bbio = 36,4 (vs Bbiomax à 48)
  • Cep (hors PV) = 44,9 kWhep/m²SRT.an (vs Cepmax à 46)

Le surcoût de construction lié au respect des exigences du label s’élève à 90 € HT/m² SHAB, soit environ 6600 €HT/logement.

L’évaluation de la consommation et de la production énergétique révèle que le bâtiment a un bilan plus performant de 10,5 kWhep/m²SRT.an par rapport aux exigences du label Bepos-Effinergie 2013.

 

Bilan Epnr

(énergie primaire non renouvelable)

Exigences

Bepos-Effinergie 2013
Consommation cinq usages 44.9 46
Consommations mobilières et immobilières 70 70
Production locale d’électricité* 75,4 66
Total 39,5 50

* L’installation photovoltaïque devra produire plus de 6400 kWh/an/logement d’électricité.

Bilan énergétique en kWhep/m²SRT.an

Bilan énergétique en kWhep/m²SRT.an - CEGIBAT
Bilan énergétique en kWhep/m²SRT.an

Par ailleurs, l’énergie grise a été estimée à 67,8 kWh/m²SRT/an, via le logiciel ELODIE, pour une durée de vie de 50 ans.

Les postes les plus contributeurs sont les suivants :

  • 39% : Superstructure – Maçonnerie
  • 25% : Cloisonnement – Doublage – Plafond suspendus – Menuiseries intérieures
  • 12% : Couverture – Etanchéité – Charpente – Zinguerie
  • 10% : Installation solaire photovoltaïque

Eco-mobilité

Cette étude permet d'estimer les consommations d’énergie engendrées par les déplacements des utilisateurs de ce bâtiment. Lors de l'évaluation de la performance énergétique d'un bâtiment ou d'un logement, ces consommations sont également à prendre en compte.
Le calcul des déplacements est restreint à celui des usagers du bâtiment dans leurs déplacements quotidiens. La mobilité longue distance, définie dans un rayon supérieur à 80 km, n’est donc pas prise en compte.

Le bâtiment étant construit à proximité des destinations clés et des transports en commun, le potentiel d’éco-mobilité est favorable.

Résultat d’écomobilité (obtenu par l’outil http://www.effinergie-ecomobilite.fr/) - CEGIBAT
Résultat d’écomobilité (obtenu par l’outil http://www.effinergie-ecomobilite.fr/)

Consommations mobilières

Les consommations réglementées (chauffage, refroidissement, eau chaude sanitaire, éclairage, auxiliaires) ne représentent qu’une partie des consommations d’énergies liées à l’usage d’un bâtiment. Par conséquent, il est important d’évaluer les consommations dites mobilières pour les limiter et sensibiliser l’occupant.

L’évaluation des consommations mobilières a été réalisée à partir des ratios surfaciques définis par le bureau d’études Enertech. Dans le cas présent, les consommations mobilières estimées sont égales à 62,5 kWhep/m².an et se décomposent comme suit :

Consommations mobilières - CEGIBAT
Consommations mobilières

Bilan

Chantier lancé en février 2015, la livraison a eu lieu 15 mois plus tard, le 30 Juin 2016 et les premiers occupants ont pris possession de leur logement à partir du 15 Juillet 2016. Ils se sont vus remettre un guide pédagogique dans lequel sont consignés tous les bons gestes et comportements à adopter pour permettre une maitrise de la facture énergétique.
Sur cette opération, le surcout constaté par rapport à un projet RT2012 s’élève à 200 000 € pour 30 logements (soit 6600 €/logement). Néanmoins, une aide mise en place par le conseil régional de feu la région Poitou-Charentes et destinée à financer les 1000 premiers logements passifs ou à énergie positive est venue intégralement compensée ce surcoût. Ainsi, dans le cadre d’un bâtiment labellisé BEPOS Effinergie 2013, le montant de l’aide s’élève à 7000 €/logement (Majoration possible +1000 € si recours en quantité suffisante à des matériaux biosourcés) plafonné à 200 000 €.

La production d’électricité issue de l’installation solaire photovoltaïque est injectée en totalité sur le réseau, générant une rente estimée à 5500 €/an perçue par LOGIPARC.

Enfin, LOGIPARC a décidé de réaliser un suivi de performances sur deux postes - production locale d’électricité par les panneaux et consommations énergétiques dans les logements - afin d’en tirer des enseignements et pour communiquer sur la pertinence de faire le choix de bâtiment à énergie positive.

A noter que 10 logements composant cette résidence intergénérationnelle (T2 – T3) ont été labellisés Habitat Services Séniors, label national.

Témoignages

L'implantation d'une résidence intergénérationnelle est parue comme une évidence dès la phase d'opportunité au regard des caractéristiques techniques et de l'attractivité du site (éco-quartier). À la dimension sociale et du bien-vivre ensemble au sein de ce bâtiment, LOGIPARC a souhaité lui conférer une dimension performancielle en concevant le premier bâtiment d'habitation collectif labellisé Bepos- Effinergie 2013 sur l'ex-région Poitou-Charentes. Cette labellisation a pu être atteinte sans dénaturer la stratégie de l'office de maîtriser les coûts d'investissement et de charges pour les locataires, en étudiant la compacité du bâti et l'intégration d'équipements performants, connus, simple d'utilisation et à faible coût d'entretien. Ce bâtiment innovant a également suscité une prise de conscience auprès des résidents. Au-delà de sa fonction première de proposer du logement social, ce bâtiment d'habitation est aussi perçu comme un outil de production d'énergie.
Par Max Olivier GAUDIN
Responsable Maîtrise d'ouvrage du développement – LOGIPARC
La résidence intergénérationnelle, construite sur la ZAC de Montgorges à Poitiers, devait naturellement s’inscrire dans la transition énergétique et le développement durable, tel un passage de témoin " entre les générations ". Pour souligner cette volonté, notre client a sollicité nos compétences pluridisciplinaires, pour certifier le bâtiment " Bepos-Effinergie 2013 ". Ce niveau de performance énergétique et environnementale nécessite une ingénierie plus fine. Nous avons souhaité conserver la conception avec le bon sens qui nous caractérise, en proposant des systèmes énergétiques fiables, simples à l’utilisation et à l’exploitation, mais néanmoins performants. Nous avons ainsi optimisé les qualités bioclimatiques du bâti en travaillant sur le traitement des ponts thermiques, l’orientation du bâtiment, les surfaces de vitrage, etc. Afin d’évaluer l’impact environnemental du projet, nous avons déterminé les consommations indissociables du bâtiment tels que la consommation d’énergie nécessaire à la mise à disposition des matériaux de construction (énergie grise), la consommation d’énergie engendrée par les déplacements des futurs utilisateurs du bâtiment (potentiel d’écomobilité) et les consommations d'énergie liées aux usages autres que les usages réglementaires (usages domestiques). Enfin, il nous paraissait logique que la résidence intergénérationnelle participe à la production locale d’énergie renouvelable pour que celle-ci soit produite au plus près des besoins. La toiture est donc couverte de capteurs solaires photovoltaïques.
Par Guillaume PRETESEILLE
Chef du service Fluides - CETAB Ingénierie - Groupe CETAB
Pour l'architecte il est important que les équipements soient correctement intégrés au projet et qu'ils participent à l'architecture du bâtiment. Dans le cas présent, il s'agit d'une demande intervenue en cours d'étude alors que le projet présentait une forme assez aboutie. Pour exemple, lorsqu’a été formulé le souhait de réaliser un bâtiment Bepos, il était question de disposer d’une importante surface de panneaux photovoltaïques en partie supérieure des pergolas bois, initialement prévue comme agrément paysagé, situées sur les parkings du rez-de-chaussée. Nous avons immédiatement réagi défavorablement à cette disposition qui présentait le double inconvénient, d'une part d'offrir une vue directe sur ces panneaux depuis les logements et d'autre part de supprimer une rangée d'arbres susceptibles de faire ombrage aux panneaux. Il a donc été décidé de disposer ces équipements en toiture, constituée d'un bac acier inversé à faible pente et de relevés d'acrotères suffisamment hauts pour recevoir ces panneaux et assurer une totale discrétion depuis l'espace public.
Par Vincent BRETON
AUA PAUL CHEMETOV architectes urbanistes associés
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